S’il fallait un seul mot pour décrire 2025, ce serait tumultueuse. Alors que nous nous préparons à tourner la page vers 2026, il est impossible de ne pas revenir sur les douze derniers mois et de ne pas être frappés par l’ampleur des défis auxquels nous avons été confrontés. Des secousses géopolitiques au sud de la frontière aux attaques législatives ici même chez nous, cette année a mis à l’épreuve la résilience des syndicats canadiens comme jamais auparavant. Mais si 2025 nous a appris une chose, c’est que lorsque les Teamsters font front commun, nous formons une force inébranlable.
Le chaos des premiers mois de 2026 a donné le ton à une année marquée par l’incertitude économique. Les tarifs généralisés imposés par l’administration américaine ont frappé de plein fouet les moyens de subsistance des travailleuses et des travailleurs canadiens. Nous avons vu les chaînes d’approvisionnement se tendre et l’anxiété s’installer dans les secteurs du transport et de la fabrication, qui constituent le cœur même de notre membership.
Au pays, le paysage politique a lui aussi évolué davantage que nous ne l’avions anticipé. Nous avons vu l’arrivée d’un nouveau gouvernement libéral à Ottawa. L’élection est désormais derrière nous, mais le véritable travail ne fait que commencer. Ce gouvernement sera-t-il un véritable partenaire du mouvement syndical, ou assisterons-nous à une simple continuité du statu quo? Nous nous attendons à ce qu’il protège nos emplois, nos droits de négociation et notre filet de sécurité sociale en ces temps d’incertitude. Nous demeurons vigilants et n’hésiterons pas à le tenir responsable de ses engagements.
Toutefois, la menace la plus directe à nos droits cette année est venue du Québec. La Coalition Avenir Québec et le dépôt du projet de loi 3 ont constitué ni plus ni moins qu’une déclaration de guerre au mouvement syndical. la CAQ et le ministre Jean Boulet ont tenté d’étouffer les syndicats sous une lourde bureaucratie et de diviser nos membres en reprenant les méthodes du gouvernement Harper, des méthodes qui ont d’ailleurs mené à la chute de ce gouvernement conservateur. En proposant de scinder les cotisations syndicales en catégories obligatoires et facultatives, ils cherchent à faire taire notre voix dans l’espace public et à affaiblir notre capacité de défendre efficacement nos membres et leurs familles.
Ne vous y trompez pas sur leurs intentions. Ils nous attaquent parce que nous sommes efficaces. Ils veulent nous affaiblir parce que nous sommes les seuls à faire barrage entre l’avidité des entreprises et les travailleuses et travailleurs qu’elles cherchent à exploiter.
Malgré les tarifs, l’incertitude politique et les lois hostiles au mouvement syndical, je termine néanmoins cette année avec espoir. Lorsque je regarde nos membres, qu’il s’agisse de camionneurs et de manutentionnaires d’entrepôt, de préposés à la manutention de colis et de gens de métier, de travailleuses et travailleurs de la santé ou encore de membres œuvrant sur les plateaux de tournage, j’y vois une détermination profonde. Ce n’est pas la première fois que nous traversons des tempêtes politiques et économiques. Notre solidarité a toujours été notre plus grande force.
À l’aube de 2026, que le message soit clair. Nous sommes toujours là. Nous continuons de nous battre. Nous n’irons nulle part. Unis, aucune force n’est assez puissante pour nous arrêter, parce que nous sommes les Teamsters.
Je vous souhaite, à vous et à vos familles, une nouvelle année placée sous le signe de la sécurité, du bonheur et de la prospérité.
François Laporte
Président de Teamsters Canada
Vice-président de la Fraternité internationale des Teamsters

















