Laval, le 9 juillet 2026 — Teamsters Canada accueille favorablement les mesures annoncées aujourd’hui par le ministre des Transports et de la Mobilité durable, Benoit Charette. Les titulaires Ontariens d’un permis de classe 1 comptant moins de 24 mois d’expérience devront désormais réussir les examens pratiques de la SAAQ avant de pouvoir conduire un véhicule lourd au Québec, et une table de travail sur la sécurité routière et les travailleurs étrangers temporaires est mise sur pied.
Ces mesures s’attaquent toutefois aux symptômes plutôt qu’à la racine du problème. Le cœur du fléau demeure le modèle « chauffeur inc. », un stratagème de fausse classification par lequel des entreprises de camionnage forcent leurs chauffeurs à s’incorporer afin d’éviter les retenues à la source et de se soustraire à leurs obligations d’employeur. Ce sont ces entreprises, et non les chauffeurs qu’elles exploitent, que les gouvernements provinciaux et fédéral doivent viser.
« On salue la volonté du gouvernement de resserrer les règles, mais soyons clairs. Ce ne sont pas les chauffeurs qu’il faut punir, ce sont les entreprises qui les forcent à s’incorporer. Tant que les gouvernements ne cibleront pas directement les compagnies qui orchestrent ce stratagème, elles continueront de s’adapter et de contourner les règles. Et sans un nombre suffisant d’inspecteurs dotés de véritables pouvoirs légaux sur le terrain, les meilleures lois resteront lettre morte », déclare Jean Chartrand, conseiller en matière de transport routier chez Teamsters Canada.
Depuis des années, Teamsters Canada mène la lutte contre chauffeur inc. Ce stratagème prive nos collectivités de plus d’un milliard de dollars en recettes fiscales chaque année, détruit de bons emplois et pénalise les entreprises qui respectent les règles. Au Québec seulement, on estime qu’entre 8 000 et 10 000 chauffeurs sont mal classifiés.
« Ça fait des années qu’on se bat contre ce stratagème qui prive nos collectivités de recettes fiscales devant financer nos écoles et nos hôpitaux, et qui détruit de bons emplois pour les remplacer par de la précarité. Les gouvernements doivent cesser de tourner autour du pot. Il faut s’attaquer aux entreprises fautives et à ceux qui profitent du système, pas aux travailleurs qui en sont les victimes », affirme François Laporte, président de Teamsters Canada.
Pour véritablement enrayer chauffeur inc., Teamsters Canada demande aux gouvernements de prendre les mesures suivantes :
- Cibler les entreprises qui imposent la fausse classification, avec des amendes réellement dissuasives et une responsabilité qui s’étend aux donneurs d’ouvrage qui ferment les yeux.
- Embaucher davantage d’inspecteurs et leur donner les pouvoirs légaux nécessaires pour enquêter, sanctionner et faire appliquer la loi sur le terrain.
- Systématiser le partage de données entre la SAAQ, Revenu Québec, la CNESST, l’ARC et EDSC afin de repérer les entreprises fautives.
- Exclure des contrats publics les entreprises reconnues coupables de fausse classification et publier un registre des contrevenants.
- Protéger les chauffeurs qui dénoncent et accompagner, sans pénalité, ceux qui veulent sortir de ce modèle abusif pour retrouver un statut de salarié.
À propos de Teamsters Canada
Teamsters Canada représente près de 130 000 travailleuses et travailleurs au pays, notamment dans le transport routier de marchandises. Le syndicat est affilié à la Fraternité internationale des Teamsters.
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Marc-André Gauthier
Directeurs des communications, Teamsters Canada
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