Teamsters Canada est une organisation ouvrière comptant 105 000 membres, affiliée à la Fraternité internationale des Teamsters, qui, elle, compte 1 500 000 membres partout en Amérique du Nord. Teamsters Canada représente des travailleurs et des travailleuses de tous les secteurs, incluant les secteurs des transports, vente au détail, cinéma, brasseries et boissons gazeuses, construction, produits laitiers et entreposage.

Teamsters Canada est heureuse d’avoir l’opportunité de se présenter devant le Comité, reconnaissant le besoin de consultations publiques pré-budgétaires et l’importante contribution du Comité au processus au cours des années.

La victoire de M. Paul Martin et le changement de leadership au niveau du parti libéral et du gouvernement rendent ce processus de consultation difficile. On ne peut que spéculer sur les priorités de M. Martin et la direction que prendra son administration. Les déclarations publiques qu’il a faites jusqu’à maintenant parlent de poursuivre la politique de réduction de la dette et des impôts de l’administration actuelle.

Teamsters Canada doit attendre que les politiques et la nouvelle administration soient annoncées avant de les commenter. Cette présentation abordera donc des questions plus spécifiques et plus pressantes.

L’industrie des transports
Teamsters Canada représente des travailleurs et des travailleuses de tous les secteurs de l’industrie des transports. Qu’il s’agisse de transport routier, de transport aérien, de transport maritime ou de transport ferroviaire, notre capacité en tant que pays à commercer efficacement sera grandement compromise sans l’amélioration de nos infrastructures.

Nous appuyons le projet de tunnel pour camions de Windsor et d’autres projets qui améliorent l’accès aux marchés inter-provinciaux et internationaux. L’accès au marché américain ne peut pas être restreint par les heures d’attente résultant d’installations inadéquates. Les infrastructures de tous les modes de transport ont un besoin pressant d’amélioration.

L’accès aux États-Unis ne doit pas être ralenti pour des questions de sécurité. Teamsters Canada travaille avec Transports Canada pour favoriser une autorisation de sécurité normale pour tous les modes de transport, et avec le ministre Denis Coderre sur son projet de carte d’identité biométrique. Nous suivons également la question du trafic transfrontière aux États-Unis par l’entremise de la Fraternité internationale des Teamsters. Nous espérons trouver une solution à ce problème qui serait acceptable pour les deux gouvernements.

Nous avons bon espoir que la question des indemnités de repas des chauffeurs de camions soit abordée très bientôt. Le plafond de 50 % sur la déduction demeure le même. Il semblerait que les États-Unis exercent des pressions pour augmenter leur limite de 50 % à 80 % au cours des prochaines années. Considérant l’intégration et la concurrence du marché, nous recommandons au ministère des Finances d’examiner cette question dans le but d’harmoniser la déduction afin que les camionneurs canadiens aient droit à la même déduction que leurs homologues américains.

Cette année a été une année difficile pour l’industrie du transport aérien. Teamsters Canada représente des travailleurs et des travailleuses chez Air Canada et chez JetsGo, de même que des travailleurs et des travailleuses dans des industries de services connexes reliées aux aéroports. Bien qu’il soit évident que le transport aérien sera disponible pour les marchés les plus importants, il n’est pas aussi évident que les plus petits marchés continueront de recevoir un service adéquat. Le transport aérien est une condition sine qua non essentielle pour attirer les entreprises, les travailleurs et les immigrants dans les régions éloignées. Le gouvernement a aidé l’industrie de façon générale, mais rien n’a encore été fait pour reconnaître l’importance et les besoins particuliers des plus petits marchés.

Les États-Unis subventionnent les plus petits marchés, même si l’industrie de l’aviation y est probablement plus axée sur le marché et plus compétitive que n’importe où ailleurs dans le monde. Quelle serait donc la solution pour les Canadiens des plus petits marchés ? Conduire ? Nous recommandons au Comité des finances d’examiner la question plus à fond afin de trouver des solutions plus créatives et novatrices, favorisant ainsi les plus petits marchés, les contribuables, l’industrie et les Canadiens et Canadiennes.

L’industrie du vêtement
Le gouvernement impose 17 % de droits à l’importation sur les textiles afin de protéger l’industrie du textile. Les fabricants de vêtement doivent payer ces droits à l’importation, même si les fabricants canadiens ne font pas les tissus au Canada, pas plus qu’ils ont l’intention de les fabriquer au Canada.

Le Tarif ne protège pas les fabricants de textile canadiens lorsqu’ils n’arrivent pas à fournir aux fabricants de vêtements les tissus dont ils ont besoin. Ce qui nuit à l’industrie du vêtement, et Vêtements Peerless est un bel exemple de l’impact qu’une telle situation peut avoir sur l’industrie du vêtement. Peerless est dans l’industrie de la mode et elle doit fournir le produit que les clients des détaillants exigent à un prix arrondi établi par le marché intérieur ou de l’importation. Peerless fabrique 40 000 habits par semaine, principalement vers le marché d’exportation des États-Unis, ce qui en fait le plus important fabricant d’habits en Amérique du Nord. Peerless génère 3 000 emplois directs à son usine et plusieurs autres dans des emplois secondaires. L’année dernière, Peerless a payé plus de 4 millions de dollars en droits de douanes sur des tissus importés.

Le Tarif augmente de façon artificielle les coûts des entreprises comme Peerless, ce qui réduit leur capacité de concurrencer sur le marché mondial. Éliminer le tarif dans l’industrie du vêtement, alors que l’industrie du textile ne parvient pas à fournir le produit dont elle a besoin, favoriserait une solide industrie d’exportation. Ce qui serait bénéfique pour les contribuables, les entreprises et la création d’emplois.

L’industrie cinématographique
L’appui qu’accorde le gouvernement à l’industrie cinématographique canadienne en général semble donner de bons résultats. Cet appui a permis à l’industrie de croître, de se développer et de survivre à ses balbutiements. En progressant, les niveaux d’assistance et l’appui à cette industrie devront être revus afin de s’assurer qu’elle demeure concurrentielle.

Le principe voulant que les provinces ne devraient pas attirer les entreprises en créant des avantages fiscaux artificiels doit aussi s’appliquer à l’industrie cinématographique. La décision de tourner en extérieur doit être basée sur la disponibilité d’un personnel qualifié et la nature unique d’un emplacement en particulier, et non sur les différents crédits d’impôt provinciaux. Le gouvernement doit prêcher par l’exemple en discutant avec ses homologues provinciaux du besoin d’harmoniser le traitement fiscal dans tout le pays.

Conclusion
Dans les années 90, le gouvernement a été confronté à une crise et il a réagit. C’était la décennie des budgets équilibrés, des réductions de la dette et des impôts. Des coupures ont été faites aux programmes sociaux et nous reconnaissons que le gouvernement a réinvesti dans ces programmes ces dernières années. Malgré les changements, nos membres, comme la plupart des Canadiens, voient les espoirs d’études universitaires de leurs enfants détruits chaque fois qu’ils doivent faire face à une augmentation de frais de scolarité. L’attente pour des soins médicaux est beaucoup trop longue. Et ce ne sont pas tous les chômeurs qui reçoivent toutes les indemnités qu’ils devraient recevoir.

Teamsters Canada comprend qu’il faut faire preuve de prudence. Cependant, nous recommandons fortement au gouvernement, au cours de la présente décennie, de s’attaquer au déficit social avec la même énergie qu’il a mise dans sa lutte au déficit financier dans le passé.