Cette hausse reflète la dégradation des salaires et des conditions de travail, et non une pénurie de main-d’œuvre, prévient le syndicat des Teamsters

Laval, QC, le 16 avril 2026 – Le nombre de permis de travailleurs étrangers temporaires (TET) approuvés chaque année pour des postes de camionneuses et camionneurs au Canada a plus que quadruplé entre 2010 et 2024, selon un nouveau rapport de Teamsters Canada publié aujourd’hui.

Le rapport, intitulé Tendances des approbations de postes de travailleurs étrangers temporaires (TET) dans le secteur du camionnage (2010-2024), démontre que les entreprises canadiennes de camionnage bâtissent de plus en plus leur modèle d’affaires sur une main-d’œuvre migrante vulnérable, au lieu d’améliorer les salaires et les conditions pour attirer et retenir les travailleuses et travailleurs d’ici.

« Depuis plus d’une décennie, l’industrie répète aux gouvernements qu’il manque des camionneuses et camionneurs au Canada », a déclaré François Laporte, président de Teamsters Canada. « Les données montrent plutôt que les gens d’ici ne se bousculent pas pour des emplois qui ne permettent pas de vivre décemment et dont les conditions se dégradent année après année. Plutôt que de corriger la situation, les entreprises choisissent de plus en plus de faire venir une main-d’œuvre de l’étranger, qu’on peut menotter à un seul employeur. »

Une spirale descendante

Teamsters Canada prévient que l’explosion du recours aux TET dans le camionnage est à la fois le symptôme et le moteur d’une spirale descendante.

La stagnation des salaires et la détérioration des conditions poussent les Canadiennes et Canadiens à quitter le camionnage. Plutôt que d’améliorer les conditions pour les attirer, les entreprises se tournent de plus en plus vers le programme des TET.

Ce programme, qui lie la main-d’œuvre à un seul employeur, rend les camionneuses et camionneurs migrants particulièrement vulnérables à l’exploitation, au vol de salaire et à l’arnaque Chauffeur Inc. Résultat : l’industrie n’améliore jamais vraiment les conditions, moins de gens d’ici choisissent le métier, et le cycle s’accélère.

Certaines entreprises obtiennent même des centaines de permis au fil des ans : pour elles, les TET sont devenus un modèle d’affaires permanent, et non une réponse à des pénuries ponctuelles.

En 2024, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage a qualifié le programme canadien des TET de terreau pour l’esclavage moderne. Amnistie internationale est arrivée à des conclusions similaires en 2025.

La faute aux gouvernements, et non les immigrant·e·s

« Ne blâmez pas la main-d’œuvre migrante. Blâmez les politiciens et politiciennes qui croient tout ce que les entreprises leur disent, et qui laissent l’industrie du camionnage se servir de la main-d’œuvre migrante pour éviter d’offrir des bons salaires », a ajouté M. Laporte. « La solution, c’est de relever les normes pour tout le monde, et non de punir ceux et celles qui viennent d’ailleurs travailler au Canada. »

Teamsters Canada demande au gouvernement fédéral :

  • De réduire considérablement le nombre de permis fermés dans l’industrie du camionnage;
  • d’établir un salaire plancher significatif et de faire respecter la rémunération de toutes les heures travaillées par les camionneurs;
  • d’offrir des voies claires vers la résidence permanente pour les TET déjà au Canada;
  • de mettre pleinement en œuvre les mesures de répression contre l’arnaque Chauffeur Inc, annoncées dans le budget 2025, et d’accroître les inspections et les pénalités contre les entreprises qui pratiquent la fausse classification d’employés;
  • de reconnaître le camionnage comme un métier spécialisé.

Le rapport complet est disponible au teamsters.ca.

Teamsters Canada représente 130 000 membres.

-30-

Demandes médias :

Christopher Monette
Directeur des affaires publiques
Teamsters Canada
Cell : 514-226-6002
[email protected]