Les Teamsters dénoncent la proposition d’embaucher des travailleurs étrangers comme camionneurs

Au lieu de faire stagner les salaires, l’Association du camionnage de l’Ontario devrait plutôt améliorer la rémunération des camionneurs…

Toronto, le 10 janvier 2019 – Teamsters Canada, le plus important syndicat des transports au pays, rejette la proposition de l’Association du camionnage de l’Ontario (Ontario Trucking Association – OTA) d’embaucher une main-d’œuvre immigrante bon marché pour combler une pénurie de chauffeurs dans l’industrie du camionnage. Les Teamsters proposent plutôt d’améliorer significativement les salaires et les conditions de travail des conducteurs afin d’attirer davantage de travailleurs dans la profession.

« Les entreprises de camionnage ne peuvent pas déménager à l’étranger, alors elles essaient d’importer de la main-d’œuvre bon marché au Canada. Ce n’est rien de moins qu’une attaque contre les travailleurs canadiens et la classe moyenne, a déclaré François Laporte, président de Teamsters Canada. Au lieu d’essayer de freiner la croissance des salaires, l’Association du camionnage de l’Ontario devrait chercher des moyens d’accorder des augmentations aux routiers. »

En dollars constants, les salaires des camionneurs oeuvrant dans des entreprises non syndiquées en Ontario sont demeurés stagnants depuis près de 35 ans. Selon une étude publiée en 2013 par le Conference Board du Canada, environ 87 % des gains de productivité réalisés par l’industrie du camionnage depuis 1986 se sont répercutés sur les clients par des prix plus bas.

Le problème a commencé lorsque le gouvernement fédéral a déréglementé l’industrie du camionnage dans les années 1980. Cette déréglementation a permis à presque n’importe qui d’ouvrir une entreprise de camionnage, ce qui a entraîné l’apparition et la disparition de petites compagnies.

Ces entreprises ont contribué à la réduction des conditions de travail et les marges bénéficiaires de l’industrie en offrant des délais de livraison démesurément rapides et des tarifs de livraison ridiculement bas. Toute l’industrie a dû s’adapter et les conditions des camionneurs et camionneuses furent donc tirées vers le bas.

De nombreux camionneurs non syndiqués doivent travailler plus de 60 heures par semaine, loin de leur famille, pour espérer gagner 50 000 $ par année.

Par ailleurs, les conducteurs payés au kilomètre gagnent parfois moins que le salaire minimum lorsqu’ils sont coincés dans la circulation ou en attente chez un client ou à la douane.

Les permis de conduire de camion en Ontario (classe AZ ou classe 1 au Québec) sont faciles à obtenir, pourvu que vous en ayez les moyens puisqu’ils coûtent plus de 10 000 $. Mentionnons que la plupart des entreprises ne contribuent pas à couvrir ces dépenses. Par contre, la province pourrait contribuer à régler le problème en réduisant ces coûts et en accréditant les camionneurs comme métier spécialisé.

« À moins que leurs travailleurs ne soient syndiqués, les compagnies de transport s’en tirent généralement en payant des salaires ridiculement bas aux camionneurs et ce n’est que maintenant qu’ils se rendent compte qu’ils ne pourront pas le faire éternellement, a expliqué John McCann, directeur de la Division du transport de Teamsters Canada. Cela dit, nous sommes plus que disposés à nous asseoir avec le gouvernement de l’Ontario pour trouver des solutions viables à ces problèmes. »

Le syndicat des Teamsters représente les intérêts de plus de 15 000 travailleurs et travailleuses dans l’industrie du transport par camion. Teamsters Canada et ses 125 000 membres sont affiliés à la Fraternité internationale des Teamsters, dont l’effectif syndical est de 1,4 million de membres en Amérique du Nord.

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Renseignements :
Stéphane Lacroix, directeur des Communications et des Affaires publiques (Québec)
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