Les grèves illégales ne servent pas l’intérêt des travailleurs dans le transport scolaire

Laval, 15 mai 2018 — La décision rendue par le Tribunal administratif du travail (TAT) le 9 mai dernier vient mettre en évidence l’importance pour les syndicats de bien conseiller ses membres et de s’assurer que si une grève est déclenchée, elle doit être légale.

Pour preuve, la juge Judith Lapointe du TAT a ordonné le 9 mai dernier aux associations syndicales affiliées à la CSN, ainsi qu’à ses membres qui ont déclenché des grèves illégales dans l’industrie du transport scolaire, de retourner au travail dans les plus brefs délais. Reste à déterminer maintenant si les employeurs réclameront des compensations financières pour ces débrayages illégaux.

Bref, ce jeu de la roulette russe ne nous apparait pas servir les intérêts des travailleurs. La tentation de déclencher une grève illégale, notamment avant qu’un contrat de travail vienne à échéance, fait en sorte que les syndicats sont accusés de prendre en otage la population. Cette perception qui est répandue chez les opposants aux syndicats, nuit aux efforts du mouvement ouvrier afin d’améliorer le sort de l’ensemble des salarié(e)s au Québec.

Prenant une voie différente que déclencher une grève illégale, le syndicat des Teamsters et ses membres ont fait preuve de leadership dans le renouvèlement de plusieurs conventions collectives cette année.

Ainsi, les Teamsters ont négocié de nouveaux contrats de travail avantageux sans aller en grève dans quatre transporteurs scolaires sur cinq au cours des derniers mois. Par contre, une grève légale était inévitable chez Autobus Lucien Bissonnette, ce qui s’est malgré tout traduit par des gains appréciables pour les travailleurs, notamment en ce qui a trait aux salaires avec des augmentations de 11,5 % pour un contrat d’une durée de cinq ans.

Le syndicat des Teamsters estime que les revendications de tous les conducteurs et de toutes les conductrices d’autobus scolaires sont légitimes. Ces hommes et ces femmes gagnent, en moyenne, entre 20 000 $ et 25 000 $ par année, tout en travaillant dans un environnement stressant et en assurant la sécurité des enfants. Ils partent très tôt le matin et reviennent en fin d’après-midi, beau temps, mauvais temps. Ils doivent composer avec les bouchons de circulation, les constructions routières et avec le comportement de certaines usagers de la route qui violent le Code de la sécurité routière. De plus, les relations acrimonieuses avec les employeurs viennent à l’occasion compliquer les choses.

Bref, même si nous sommes d’avis que les conducteurs et conductrices d’autobus scolaires méritent le respect de la population et des employeurs, tout en bénéficiant de conditions de travail décentes, la voie de la grève illégale est trop risquée. Celle-ci nuit aux travailleurs et aux travailleuses et met en danger les efforts du mouvement ouvrier qui oeuvre afin de tirer les conditions des salarié(e)s vers le haut.

Le syndicat des Teamsters représente les intérêts de près de 40 000 travailleuses et travailleurs au Québec, dont plus de 1000 dans le transport scolaire. Teamsters Québec est affilié à Fraternité internationale des Teamsters, dont l’effectif syndical est de 1,4 million de membres en Amérique du Nord.

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Renseignements :
Stéphane Lacroix, directeur des Communications et des Affaires publiques
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